Questions sur la sécurité d’approvisionnement en Belgique

La sécurité d’approvisionnement pour l’hiver 2017-2018 devrait être assurée grâce aux mesures prises par les autorités et les différents acteurs du marché de l’électricité. Nous avons compilé pour vous les questions les plus fréquentes concernant la sécurité d’approvisionnement.

  1. Qui sont les acteurs du marché de l'électricité ?

En Belgique, plusieurs acteurs ont un rôle à jouer dans l’organisation du marché de l’électricité. Ils veillent ensemble à répondre aux besoins d’approvisionnement du pays, de ses entreprises et habitants.

Les autorités fédérales définissent la politique globale en matière d’approvisionnement en énergie.

Les producteurs/fournisseurs s’engagent à alimenter leurs clients selon leurs besoins et doivent à cet effet veiller à disposer de capacités de production ou d’importation à la hauteur de leurs engagements vis-à-vis de leurs clients.

Les responsablesd'équilibre (ARP) sont responsables de l’équilibre sur une base quart-horaire entre l’ensemble des injections et des prélèvements de leurs clients. Un responsable d’équilibre peut être un producteur, un grand consommateur, un fournisseur d’électricité, un trader, etc.

Le gestionnaire de réseau de transport d’électricité (Elia) met à disposition un réseau fiable pour le transport de l’électricité en Belgique mais aussi pour les importations/exportations avec les pays voisins et veille à l’équilibre instantané entre production et consommation 24h sur 24, 7 jours sur 7.

Les gestionnaires de réseau de distribution acheminent l’électricité vers les petites et moyennes entreprises, les ménages et autres utilisateurs finaux qui sont raccordés à leur réseau.

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  1. Quelle est la situation du parc de production aujourd'hui en Belgique ?

De manière générale, la composition du parc de production est fortement influencée par les décisions de politique énergétique aux niveaux national et européen.

  • Les objectifs environnementaux et de réduction de la consommation à l’échéance 2020 ont été à la base de l’essor des énergies renouvelables. Il en résulte une part grandissante de sources d’énergie intermittentes dans le parc de production belge (environ 3200 MW de puissance solaire et 2600 MW de puissance éolienne). Le caractère intermittent des sources renouvelables représente un défi pour leur prise en compte dans les prévisions et dans la gestion du système électrique.
  • Ces dernières années, les opérateurs des centrales traditionnelles signalent des difficultés de rentabilité de leurs centrales et un bon nombre d’entre elles ne sont dès lors plus disponibles sur le marché.
  • Le Gouvernement a fixé en 2003 une loi de sortie du nucléaire qui a par ailleurs ensuite été amendée deux fois.
    • L’activité de Tihange 1 (qui représente une capacité installée de 962 MW) a été prolongée de 10 ans suite à une révision de la loi en 2013.
    • Doel 1 et 2 (représentant chacune 433 MW) resteront actives 10 années supplémentaires, à savoir jusqu’en 2025, suite à une révision de la loi en juin 2015.

Pour l’hiver 2017-2018, cela signifie que les 7 réacteurs nucléaires sont disponibles, hors indisponibilités planifiées et fortuites.

Vous trouverez un récapitulatif des unités de production disponibles pour l’hiver 2017-2018 sur le site web d’Elia et sur la plateforme de transparence d’ENTSO-E.

Cette situation du parc de production signifie cependant que le pays doit toujours structurellement importer de l'électricité des pays voisins, surtout en période de faible production solaire et éolienne.

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  1. Quels mécanismes et mesures contribuent à la sécurité d'approvisionnement ?

Des outils et mécanismes sont en place pour aider les acteurs du marché de l’électricité à gérer à tout moment l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité.

  1. Les prévisions de production éolienne et photovoltaïque

Un peu comme la météo, Elia met à disposition du marché des prévisions de la production d’énergies éolienne et photovoltaïque. Grâce à ces prévisions, ainsi que sur base de leur propre expertise et expérience, les acteurs du marché peuvent plus facilement prévoir la quantité d’énergie complémentaire qu’ils doivent injecter sur le réseau pour satisfaire les besoins de leurs clients.

  1. L’importation et l’exportation de l’électricité

La Belgique est actuellement interconnectée à la France, aux Pays-Bas et au Luxembourg. Elle peut donc importer ou exporter de l’électricité, en fonction des conditions en Europe.

La capacité d’importation maximale de la Belgique est la capacité maximale que le pays peut importer en conditions d’exploitation normales du réseau, c’est à dire hors indisponibilités planifiées ou fortuites d’infrastructures de réseau (en Belgique et dans les pays voisins) et sans connaissance préalable des flux d’énergie. Comme des évènements imprévus peuvent toujours se produire, cette capacité est mise progressivement à la disposition du marché via des enchères annuelles, mensuelles, journalières et infra-journalières. Cette capacité dépend aussi des saisons et des travaux de maintenance sur le réseau.

Depuis la réalisation du projet BRABO I à la frontière nord fin 2016, la Belgique peut compter sur une capacité d’importation maximale de 4500 MW.

La disponibilité effective d’un solde d’importation de 4500 MW dépend essentiellement de deux facteurs :

  • les conditions de marché doivent être favorables à l’importation ;
  • les conditions d’exploitation du réseau doivent être normales.

Concernant les conditions de marché spécifiques, les flux internationaux peuvent entraîner un solde d’importation significativement moins élevé.

  1. Les réserves d'équilibrage et la réserve stratégique

Elia dispose de 2 groupes différents de réserves :

  • Les « réserves de balancing », aussi appelées réserves primaires, secondaires et tertiaires. Il s'agit de contrats spécifiques avec certains producteurs, consommateurs et agrégateurs afin de réduire ou d’augmenter la production de certaines centrales ou la consommation de certains sites, le plus souvent industriels, quand cela est nécessaire. Ceci permet de corriger les déséquilibres résiduels entre la production et la demande en électricité. Ces réserves sont essentielles pour maintenir l'équilibre opérationnel sur le réseau.
  • Les « réserves stratégiques », mises en œuvre pour la première fois lors de l'hiver 2014-2015. Ces réserves ont été mises en place afin de faire face au manque structurel de production électrique lié à la fermeture de centrales et ont pour but de contribuer à assurer la sécurité d’approvisionnement pendant la période hivernale. Les centrales faisant partie de la réserve stratégique ne peuvent plus participer au marché.

Concrètement, avant chaque période hivernale et sur instruction du ministre de l’Énergie, Elia organise un appel d’offres auprès des centrales qui ont annoncé leur fermeture et auprès de grands consommateurs. La réserve ainsi constituée est activable entre le 1er novembre et le 31 mars et est revue chaque année.

La réserve stratégique disponible pour l’hiver 2017-2018 s’élève à 725 MW. La réserve stratégique est activée lorsqu’un déficit de production est identifié sur base des prévisions quelques jours voire quelques heures à l’avance. Il s’agit de pallier un déficit prévisible et structurel de production. La réserve stratégique se différencie en ce sens des mécanismes traditionnels d’équilibrage du réseau via les réserves de balancing. Ces derniers sont en effet prévus pour pallier les déséquilibres instantanés et imprévus et ainsi maintenir en tout temps l’équilibre dans la zone belge.

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  1. Quelles sont les actions prises par Elia pour contribuer à la sécurité d'approvisionnement ?

Afin de contribuer à assurer la sécurité d’approvisionnement au quotidien et à long terme, Elia met en œuvre des projets visant à renforcer et à développer son réseau. Ces projets font partie des plans de développement (fédéral et régionaux) qu'Elia établit à cet effet. Ces projets contribuent à renforcer ou augmenter la capacité d’importation mise à la disposition du marché.

Elia optimise par ailleurs la disponibilité de son réseau, notamment en postposant le planning de certains entretiens et en préparant au mieux son réseau pour qu’il puisse fonctionner de façon optimale cet hiver. Des accords sont aussi passés avec les gestionnaires de réseau des pays voisins.

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  1. Comment Elia détecte-elle une situation tendue sur le marché ?

Chaque jour, le risque éventuel d'un manque de moyens de production en Belgique est analysé, et ce pour les 7 jours à venir. L’analyse de risque prend en compte plusieurs éléments :

  • les prévisions de la production d’énergie renouvelable ;
  • les dernières informations dont Elia dispose concernant la disponibilité des unités de production classiques ;
  • une estimation des niveaux d’importation possibles ;
  • les prévisions de la consommation totale d’électricité.

Ces estimations sont peaufinées grâce aux données de plus en plus précises au fur et à mesure que nous nous rapprochons de l’événement. En outre, le risque de pénurie est étudié sur base d’hypothèses et de prévisions; cela signifie qu’il n’y a pas de certitude absolue que nous puissions détecter une pénurie (longtemps) à l’avance.

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  1. Que se passe-t-il si on annonce une situation à risque ?

Si les analyses indiquent un risque de pénurie, il est communiqué de manière transparente aux autorités concernées et au grand public via le site web d’Elia. Notons que l’app Elia « Indicateur électricité » a été spécialement développée à cet effet. Vous la trouvez ici.

Un jour à l'avance, ou le jour même, une situation de pénurie prévue se traduira également par l’activation des réserves stratégiques. Cette activation sera également publiée sur le site web d'Elia. L'activation des réserves stratégiques se fait sur base de deux mécanismes : par un déclencheur économique ou par un déclencheur technique.

Le processus de déclenchement économique se déroule un jour à l’avance. Ce processus se produit automatiquement dès qu’un risque de pénurie est détecté sur le marché de l’électricité day-ahead, ou en d'autres termes, si la demande totale d'énergie sur la bourse d'électricité EPEX Spot Belgium (ex Belpex) dépasse l'offre totale d'énergie. EPEX Spot Belgium attribue dans ce cas aux acteurs de marché une quantité d'énergie supplémentaire - fournie par les réserves stratégiques - au prix maximum du marché day-ahead EPEX Spot Belgium (actuellement 3000 €/MWh).

Outre l'activation entraînée par un déclencheur économique, la réserve stratégique peut également être activée pour des raisons techniques, dès la veille après 18h et le jour même. Ce processus est appelé le déclencheur technique.

Cette activation de la réserve stratégique ne signifie pas qu'il faudra procéder à des délestages. La réserve stratégique est justement une mesure supplémentaire à pouvoir prendre afin d'éviter tout délestage.

Vous trouvez ici plus d'informations sur la réserve stratégique.

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  1. Quelles mesures seront prises si on détecte tout de même une situation à risque sur le réseau ?

S’il s’avère que les marges en termes d’approvisionnement en Belgique sont considérablement réduites ou proches de zéro, Elia mettra en place un certain nombre d’actions pour faire face à cette situation :

  • Une demande de fourniture de volumes de réglage supplémentaires sera envoyée à tous les responsables d’équilibre. Elia peut ainsi faire appel à l'éventuelle capacité de production restante de toutes les centrales disponibles ou à des possibilités de réglage supplémentaires de la consommation d’électricité. Cela se fait par l’intermédiaire des « balancing warnings ».
  • Si nécessaire, Elia activera ses réserves contractées. Cela inclut l'activation d’unités au gaz spécifiques à démarrage rapide, le recours aux contrats avec des agrégateurs, la réduction contrôlée et contractée de la consommation de clients industriels ou encore la demande d’aide auprès des gestionnaires de réseau de transport voisins.
  • Si la situation l'exige, Elia analysera si des mesures exceptionnelles sont possibles au niveau de la coordination et de la collaboration avec d'autres gestionnaires de réseau de transport d'Europe du Centre-Ouest pour augmenter davantage la capacité d'importation possible de la Belgique.
  • Les réserves stratégiques pourront également être activées en Belgique à la suite d’un déclencheur économique ou technique.
  • Si les mécanismes de marché et les réserves ne suffisent pas, les autorités décident alors de limiter la consommation d’électricité. Des mesures de sensibilisation, potentiellement assorties de mesures d’interdiction, sont d’abord prises pour préserver l’équilibre sur le réseau pour les heures ou jours à venir.

Le dernier recours en cas de pénurie en Belgique est l’activation contrôlée du plan de délestage.

À noter que ces mesures ne seront pas forcément activées l’une à la suite de l'autre, celles-ci peuvent tout à fait s’entrecroiser.

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  1. Quand et comment Elia applique-t-elle le tarif de déséquilibre de 4500 €/MWh ?

Ce tarif est uniquement appliqué si ces deux conditions sont remplies : les réserves stratégiques ont été activées et l’existence d’un déficit structurel est confirmée en temps réel.

Ce tarif est appliqué aux acteurs du marché de gros de l’électricité (appelés dans le jargon ARP – Access Responsible Party) qui ne sont pas en mesure de répondre à la demande en électricité de leurs clients (par exemple, un fournisseur qui n’est pas en mesure de produire lui-même suffisamment d'électricité/de l'acheter ailleurs pour alimenter ses clients). Les acteurs de marché qui bénéficient eux d’un excédent de production d’électricité sont rémunérés à ce tarif de 4500 €/MWh s’ils mettent leur production excédentaire à disposition des acteurs de marché qui n’en ont pas suffisamment. Elia intervient dans ce cas en tant que facilitateur.

Ce mécanisme, qui fait partie des règles de fonctionnement de la réserve stratégique approuvées par le régulateur fédéral (CREG), a pour but d’inciter les acteurs de marché à mettre en œuvre tous les moyens pour garder leur portefeuille respectif en équilibre.

Ce prix appliqué en dernier ressort est également repris dans la décision d’approbation de la CREG de la proposition tarifaire adaptée d’Elia du 3 décembre 2015. Il assure en effet que les fournisseurs ont intérêt à acheter sur les marchés l’énergie nécessaire pour servir leurs clients, même dans le cas où celle-ci est très chère. Dans des circonstances tendues, le prix de l’énergie sur la bourse EPEX Spot Belgium peut déjà atteindre 3000 €/MWh.

L’objectif ultime est de diminuer la probabilité de devoir faire appel au plan de délestage.

Ce tarif de déséquilibre s'applique uniquement aux acteurs du marché de gros de l'électricité (ARP) et n'est pas lié directement au prix de l'électricité pour les consommateurs finals. Un tarif de déséquilibre est également appliqué en temps normal (vous pouvez consulter sa valeur actuelle sur la page « Tarifs de déséquilibre ») mais sa valeur est toujours inférieure à 4500 €/MWh.

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  1. Quand le plan de délestage est-il mis en œuvre ?

Si l’ensemble des mécanismes mis en place pour assurer la sécurité d’approvisionnement ne suffit pas à satisfaire la demande en électricité, l’ultime recours est le plan de délestage. Le plan de délestage est un plan de crise qui, comme tout plan de crise, pourrait s’appliquer en tout temps, hiver comme été, cette année comme lors des années suivantes. Il intervient en ultime recours : il s’agit de délester ponctuellement certaines zones afin d’éviter l’effondrement du réseau tout entier, et ainsi pouvoir in fine revenir plus rapidement à une situation stable dans laquelle tout le monde peut à nouveau être alimenté.

Dans les circonstances actuelles et compte tenu des réserves stratégiques, des possibilités d’importation et des mesures qu’Elia peut appliquer en cas de situation tendue, aucune activation du plan de délestage n’est prévue pour cet hiver.

Pour toute question pratique relative au plan de délestage (rues concernées, durée des interventions, communication en cas de délestage, etc.), rendez-vous sur le site web du SPF Économie.

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