Champs électriques et magnétiques

Le transport d’électricité produit des champs électriques et magnétiques de très basse fréquence (50 Hertz).

Champs électriques et magnétiques 

Le champ électrique est l'effet d'attraction ou de répulsion exercé par une charge électrique sur une autre. Le champ magnétique représente la force exercée par une charge électrique en mouvement. Les champs électriques et magnétiques sont omniprésents dans notre environnement ainsi que sur notre planète. Les champs électriques et magnétiques ont une intensité et une fréquence de champ. 
 
  • Explication scientifique 
    Lorsqu'une lampe est branchée sur le réseau, il y a toujours un champ électrique ; même lorsque l'interrupteur est éteint et que la lampe ne reçoit pas de courant. Le champ électrique varie en fonction de la tension (V). Plus la tension est élevée, plus le champ électrique est fort. L'intensité du champ électrique est exprimée en volts par mètre (V/m). 

     

    Lorsque la lampe est allumée et qu'un courant circule dans le fil, un champ magnétique est créé en plus du champ électrique. Le champ magnétique varie avec le courant (A). Plus le courant est important, plus le champ magnétique généré est fort. L'unité du champ magnétique est l'ampère par mètre (A/m). Mais on parle généralement de tesla (T), c'est-à-dire l'unité de l'induction magnétique. Les champs magnétiques autour de la haute tension, sont exprimés en microtesla (μT), un millionième du tesla. 

     

     

     

    Les champs électriques et magnétiques sont présents dans la nature ; dans ce cas ils sont constants ou varient très lentement : on les appelle des champs statiques. On peut donner comme exemple le champ magnétique terrestre (il est de l’ordre de 40 T dans nos régions et il en résulte des courants circulants dans le noyau terrestre) et le champ électrique naturel à la surface de la terre (généralement de l’ordre de 100 V/m, qui peut atteindre 10 kV/m, soit 100 fois plus, en cas d’orage).

     


    Cependant la plupart des champs sont variables : on les appelle des champs alternatifs. Ils sont alors caractérisés par une fréquence (vitesse de leur variation, exprimée en Hertz (Hz)) et une intensité. C’est le cas des champs générés par une ligne à haute tension, dont la fréquence est de 50 Hz, mais aussi des installations électriques domestiques et de tous les équipements qu’elles alimentent.

     
  • Les champs électriques et magnétiques en présence de liaisons aériennes

    L'intensité du champ électrique le long d'une liaison aérienne dépend de la tension et de la distance de la liaison. Un niveau de tension élevé (380 kV) présente un champ électrique plus élevé (en moyenne 3-4 kV/m à 1,5 mètre au-dessus du sol en dessous de la ligne) que les niveaux de tension inférieurs (lignes de 220, 150 ou 70 kV).  La présence de bâtiments et de plantations vont considérablement affaiblir le champ électrique. À l’intérieur d’une habitation, le champ électrique est déjà 10 à 100 fois plus faible qu’à l’extérieur.

    Le champ magnétique généré par une liaison à haute tension dépend directement de l’intensité du courant qui y circule mais aussi de la configuration des conducteurs et la distance. Par conséquent le niveau du champ magnétique variera plus entre les différentes liaisons.

    En tous cas le champ magnétique diminuera rapidement à mesure que la distance augmente (voir figure). À partir de 100 à 120 mètres d’une liaison aérienne de 380 kV, il n’y a plus d’émissions des champs magnétiques. Pour une liaison aérienne de 150kV le champ magnétique sera presque absent à 30 à 40 mètres et pour une liaison de 70kV c’est le cas à partir de 20 mètres. 

  • Champs électriques et magnétiques en présences de liaisons souterraines

    Les liaisons souterraines ne produisent aucun champ électrique car les champs sont blindés par la gaine isolante qui entoure le câble. 

    Cependant, les champs magnétiques des câbles demeurent et ne sont donc pas arrêtés par le fait qu'ils se trouvent sous terre. Juste au-dessus d'une liaison souterraine, le champ magnétique est supérieur à celui d’une liaison aérienne de même ampérage. Le champ maximal au niveau du sol, soit juste au-dessus de l’axe de la liaison souterraine, peut-être jusqu’à 2 fois supérieur qu’en dessous d’une liaison aérienne mais il décroit très rapidement. Ainsi à 10 mètres de distance de l’axe de liaison souterraine, le champ est déjà insignifiant et donc moins de <0.1µT .


Effets possibles sur la santé

Les effets potentiels sur la santé humaine de l’exposition à ceux-ci font l’objet de nombreuses études depuis plus d’une trentaine d’années et posent encore question aujourd’hui. Pour ces raisons, Elia souhaite aborder le sujet en toute transparence et fait régulièrement appel aux connaissances d’experts indépendants.

Depuis les années 1970, de nombreuses recherches ont été menées sur les effets possibles des champs électromagnétiques de très basse fréquence sur la santé.

Pour les adultes, les scientifiques n’ont pu établir aucun lien avec des effets sur la santé. Pour les enfants, des études épidémiologiques ont montré un lien statistique entre l’exposition moyenne quotidienne prolongée à une valeur supérieure ou égale à 0,4 microtesla (μT) et le risque de leucémie. Aucun lien de causalité n’a néanmoins pu être démontré à l’heure actuelle. À ce jour, il n’y a donc scientifiquement aucun autre effet concret sur la santé (Alzheimer, hypersensibilité…) dû à l’exposition à long terme à des niveaux d’intensité faible, mais la recherche continue dans le domaine. 

Elia considère qu'il est important de soutenir ces études et soutient des initiatives telles que le BBEMG, qui mène des recherches sur les effets des champs électriques et magnétiques sur la santé. Les chercheurs sont tenus de respecter le code d'éthique de la recherche scientifique en Belgique et la coopération avec Elia ne doit pas et ne sera pas affectée par ce code. 

BBEMG, le groupe belge BioElectroMagnetics, rassemble des experts indépendants de Wallonie et de Flandre qui étudient les effets des champs électriques et magnétiques sur la santé dans le cadre des transports et de l'utilisation de l'énergie électrique dans la vie quotidienne mais aussi dans le cadre professionnel.

Au niveau international, Elia soutient l'Electric Power Research Institute (EPRI), une organisation à but non lucratif qui mène des recherches sur l'énergie et l'environnement. 

 

Législation

En 1999, l'Union européenne a publié une recommandation visant à limiter de l'exposition de la population aux champs électromagnétiques. Conformément aux recommandations de l’ ICNIRP de 1998, elle a proposé une limite d'exposition à 100 µT pour le public. Suite à la classification du CIRC en 2001 comme potentiellement cancérigène, les connaissances scientifiques ont été réévaluées, mais il n'y avait aucune raison de réviser les recommandations de 1999.

La Belgique n'a pas de législation fédérale sur les champs magnétiques de très basse fréquence. Par conséquent, la recommandation du Conseil de l'Union européenne - limite d'exposition maximale de 100 μT - sert de référence. Pour les champs électriques, le "Règlement général pour les installations électriques" fixe des valeurs maximales entre 5 kV/m (zones habitées) et 10 kV/m.

Sur la base des conditions sectorielles dans les Régions wallonne et bruxelloise, la même limite de 100 µT s'applique à l'exploitation des transformateurs de puissance.

À Bruxelles il existe un protocole relatif à la pose de nouveaux câbles à haute tension approuvé par le gouvernement bruxellois le 23 décembre 2016. Le protocole impose pour les nouveaux câbles de 150 kV une règle de distance par rapport aux habitations. 

La Flandre a élaboré des lignes directrices pour la construction de nouvelles lignes aériennes qui exigent que le nombre d'habitations existantes situées dans le corridor de 0,4µT soit maintenu au minimum. 

La valeur de 0,4 µT est une valeur guide tirée du décret sur l'environnement intérieur (décret du gouvernement flamand du 11 juin 2004 sur les mesures de lutte contre les risques sanitaires causés par la pollution de l'environnement intérieur). Les valeurs guides indiquent la quantité à partir de laquelle des risques pour la santé peuvent survenir. Elles visent les risques dus à une exposition à long terme (chronique) et sont principalement de nature sensibilisante. La valeur d'intervention de la décision est de 20 µT. Si la valeur d'intervention est dépassée, des mesures peuvent être prises.

 

Mesures prises par Elia

Elia applique les normes applicables dans ses projets et prend les précautions nécessaires. Les champs magnétiques sont analysés pour chaque projet et des mesures sont prises si nécessaire.

Outre les valeurs maximales qui découlent des réglementations légales, 0,4 μT est souvent pris comme valeur guide et découle des études épidémiologiques qui ont mis en avant un lien statistique avec la leucémie infantile. Elia développe ses projets de manière à atteindre le seuil le plus bas d’émissions de champs électromagnétiques. Il s’agit d’une valeur qu’Elia tente d’atteindre, malgré la réalité de terrain, les impositions techniques et les critères d’intérêt général qui supplantent parfois le respect de cette valeur.

 
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