Biodiversité et réhabilitation des habitats naturels

Il est possible de concilier le transport de l'électricité avec la biodiversité. Notre projet européen LIFE+ le prouve.


Gestion de projet dans les zones protégées

Un système de gestion de projet pour les zones soumises à des contraintes environnementales (zones boisées couvertes par le Code forestier, Natura 2000 et les réserves naturelles) a été mis en place pour mieux tenir compte des restrictions législatives environnementales liées à cette zone.

Elia accorde donc une importance particulière à la faune et à la flore présentent dans les corridors situés sous les lignes aériennes. La longueur totale des corridors dans les zones Natura 2000 est supérieure à 320 km.


Le projet en Elia

Pour des raisons de sécurité, aucun arbre ne peut pousser à proximité des lignes à haute tension afin d’éviter toute chute ou court-circuit. Jusqu’à récemment, notre politique d’entretien des lignes aériennes consistait à raser toute végétation dans un couloir d’environ 50 mètres de large sous les lignes. Cette politique est à la fois coûteuse pour Elia et peu favorable à la biodiversité.

Le projet « LIFE+ Elia » est un projet de 5 ans, cofinancé par la Commission européenne et mené par Elia dans le but de transformer plus de 150 km de couloirs forestiers en véritables « corridors écologiques ». Au lieu de passer ces zones au gyrobroyeur tous les 5 à 8 ans, Elia restaure sous ces lignes des milieux naturels plus stables (comme des tourbières, des buissons en lisière de forêts, des prairies gérées par pâturage ou par fauche, etc.) qui seront plus faciles et moins coûteux à entretenir, et nettement plus favorables pour la biodiversité.

Depuis l’été 2013, l’équipe du LIFE+ a démarré les travaux sur le terrain, à savoir creusement de mares, plantations de lisières, etc, dans plusieurs sites simultanément. Visionnez l’interview de Gérard Jadoul, coordinateur du LIFE+Elia pour en savoir plus.
 
D’autres actions de communication visent à sensibiliser différents publics sur l’importance de prendre en compte la biodiversité dans la gestion de la végétation. Des modules de formations ont été mis en place, des dépliants ont été publiés, des panneaux didactiques seront installés sur le terrain tout comme des miradors de vision. Une belle opportunité de mettre en valeur toutes les actions d’Elia.


Un exemple européen

Un des objectifs du projet est de servir de démonstration pour tous les autres gestionnaires de réseau de transport d’électricité européens et de créer un réseau écologique sans précédent le long des 300.000 km de réseau électrique.
 
Des contacts ont déjà été pris avec les gestionnaires de réseau de transport des 14 états membres qui se montrent particulièrement intéressés par le projet et ses applications dans leur pays. Et cette liste ne fait que s’allonger.
 
Un « guide de bonnes pratiques », qui décrira les différentes possibilités de gestion de ces couloirs et en démontrera l'intérêt financier, sera rédigé dans le cadre du projet. Il sera utilisé au sein d'Elia et diffusé auprès des autres gestionnaires de réseau de transport d’électricité européens (entre autres via les associations internationales ENTSO-E et CIGRE).
 
RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité français, a été intégré au projet et testera en France dans différentes zones variées biologiquement (en Aquitaine, dans les Hautes-Alpes, en Bretagne, etc).

 




Aménagement des espaces sous les pylônes

Soucieuse d’adopter une méthode de gestion peu couteuse et durable de ses pylônes tout en renforçant le maillage écologique, Elia a fait appel à l’asbl Faune & Biotopes pour réaliser des aménagements « biodiversité » sur la ligne haute tension « Gramme - Achêne ».

Le tronçon choisi pour les aménagements réalisés en 2016 parcoure les grandes plaines agricoles des communes de Huy, Vierset, Tinlot, Marchin, Jallet, Ohey, Havelange, Hamois et Ciney.

Pour chaque pied de pylône, le choix de l’aménagement proposé résulte d’un compromis entre enjeux biodiversité, paysage et coût inhérent à l’aménagement.
Certains pylônes n’accueillent pas d’aménagement particulier. En effet, de par leur localisation ils ne permettent pas, ou ne nécessitent pas, l’installation d’un couvert favorable à la biodiversité. C’est par exemple le cas de pylônes situés contre une lisière ou une haie, ou encore de ceux installés au sein de prairies pâturées.

Sur le tronçon aménagé, les aménagements réalisés en 2016 comprennent 32 buissons d’essences indigènes et 7 prés fleuris. En 2017, Elia a vérifié la reprise des plants et la levée des couverts fleuris fin du printemps. En automne, nous avons procédé à l’entretien des pylônes aménagés et fauché les « prés fleuris ».



Protection des oiseaux

La Belgique est traversée par quelque 5.700 km de lignes à haute tension qui peuvent constituer un obstacle mortel pour les oiseaux. Depuis 2016, Elia a installé 13,620 km de protections avifaunes.

Elia souhaite que ses lignes à haute tension aériennes gênent le moins possible les oiseaux, conformément à la politique environnementale visant à préserver et renforcer la biodiversité en Belgique. Pour ce faire, Elia a rédigé une politique qui comporte quatre volets dont le principal vise à réduire le nombre d’oiseaux qui se heurtent aux conducteurs ou aux câbles de garde. Les autres volets de la politique concernent le respect des périodes de nidification des oiseaux, l'installation de nichoirs aux endroits favorables pour la biodiversité et la gestion des nuisances occasionnées par la présence parfois massive d'oiseaux sur un pylône.

Avec l’aide des principales associations environnementales belges, Elia a répertorié les 130 tronçons de son réseau de liaisons aériennes les plus dangereux pour la faune aviaire. Cela représente environ 200 km de ligne qui seront progressivement balisés au cours des 10 prochaines années. Si un projet doit être lancé sur ces tronçons, le balisage de la ligne sera directement prévu. Pour les tronçons sans projet, nous profiterons des interventions planifiées pour installer en même temps des balises sur les conducteurs ou les câbles de garde, pour réduire le risque humain lors de la pause.

Pour les espèces menacées, Elia reçoit régulièrement la demande d'installer des nichoirs sur des pylônes situés en zone rurale, mais parfois aussi d’en installer dans des postes. Elia répond généralement favorablement à ces demandes après analyse.

Certaines nuisances liées à la présence d’oiseaux ne peuvent pas toujours être résolues.

À certains endroits, les oiseaux ont la « mauvaise » habitude de se rassembler en nombre sur des lignes, occasionnant certains désagréments pour les riverains.

Elia n'a pas de solution directe à ce problème et en subit également les inconvénients tels que corrosion de la peinture. Des pistes seraient de supprimer la source de nourriture ou d’introduire des prédateurs.



Ruches

En Europe, 84% des cultures dépendent d’une bonne pollinisation. Ces cultures génèrent par exemple du biofuel, de la nourriture pour le bétail ainsi que 30% de l’alimentation humaine : fruits, légumes, aromates,… Actuellement, les populations de pollinisateur sont en déclin. Cela impacte directement la santé humaine.

Fin novembre 2014, deux ruches ont été implantées sur notre site Monnoyer.

Ce projet mené par Beeodiversity, en coopération avec des entreprises bruxelloises engagées, s’intègre parfaitement dans la démarche responsable et sociétale d’Elia. Outre la préservation des abeilles, ce projet vise à établir un état des lieux de la biodiversité et de la qualité de l’air bruxellois, sur base de l’indicateur Abeille*.

Ce projet vise à lutter contre les causes de disparition des pollinisateurs et à améliorer leur environnement et le nôtre.

Une fois par an, le miel récolté est vendu au personnel et l’argent de la vente est reversé à une association caritative. En 2018, nous installerons 3 nouvelles ruches sur notre site de Créalys, près de Gembloux. En 2019, ce sera au tour du site de Merksem d’accueillir des abeilles.



Salamandres

Le poste de Mercator, situé dans la commune de Kruibeke est devenu le lieu de vie d’une espèce de salamandres rares : le triton à crête.

Fin 2004 déjà, Elia avait tenté, en collaboration avec un collègue, volontaire de Natuurpunt, d’aménager le terrain pour réhabiliter cette espèce rare dans cette zone. A l’époque, 2 mares avaient été creusées.

14 ans plus tard, le triton à crête a élu domicile sous le poste de Mercator. Face à ce succès, 4 mares supplémentaires ont été installées par Elia et l’association environnementale Regionaal Landschap Schelde-Durme.

En mai 2017, le groupe de protection des mares de Kruibeke a organisé un recensement dans les mares du poste. De nombreuses espèces d’insectes aquatiques ont été recensées, ainsi que 3 espèces différentes d’amphibiens, dont le rare triton crêté.



Ecopâturage

Dans le cadre du projet Life Elia lancé en septembre 2011, Elia s’associe régulièrement avec des agriculteurs, éleveurs ou bergers belges afin d’entretenir ses couloirs électriques de manière écologique en développant ou protégeant la biodiversité sous ses lignes.


  • 1. Ligne 380 kV Zutendaal-Maaseik

    Elia et l’agence Natuur en Bos collaborent en faveur de la biodiversité. En collaboration avec 6 administrations communales et des associations environnementales, plus de 130 propriétaires terriens et un berger de la région de As, Elia et Natuur en Bos ont créé un plan de gestion sur une période de 24 ans.

    Un cheptel de 250 moutons pâture sous la ligne, un corridor vert de 18 km sur une largeur de 60m (117 hectares) et remplace l’entretien mécanique auparavant utilisé sous la ligne.

  • 2. Ligne 70kV Couvin – Neuville
    En collaboration avec la commune de Couvin et un berger de la région, Elia a développé un projet d’écopâturage sur le territoire de la commune. Le terrain sous la ligne est entretenu par une septantaine de moutons. La localisation est idéale puisqu’elle représente une zone floristique exceptionnelle, où plusieurs espèces rares pourront réapparaître grâce à l’écopâturage.




Plantation de haies et d’arbustes autour de nos installations

Des haies défensives indigènes (aubépine, églantier et prunellier) sont plantées chaque année autour des postes à haute tension afin de mieux intégrer les installations dans le paysage et de fournir un habitat à la faune locale. Les arbustes épineux dissuadent également les intrus. Près de 12 km d'arbustes indigènes (soit plus de 40 000 plantes) ont déjà été plantés autour de 17 postes d'Elia.
 
Dans de nombreux cas, lorsque des projets à grande échelle sont réalisés dans des zones très visibles, les études d'incidences environnementales ou les demandes de permis d’urbanisme sont complétées par une étude paysagère qui inclut des suggestions dans le but de mieux intégrer les installations dans le paysage (par exemple en plantant des arbustes).
 
Les terrains situés à proximité des postes et certaines parcelles situées dans les postes ont été réaménagés afin de fournir un meilleur habitat pour la biodiversité.
 
Par exemple, des prairies fleuries, des arbustes et des orées ont été plantés en fonction du paysage environnant. En 2011, quatre zones totalisant plus de 3 000 m² ont ainsi été aménagées.







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